contexte

La parcelle sur laquelle insistera le projet de nouveaux logements, située en marge du tissu villageois de Vandoeuvres, reprend les caractéristiques récurrentes de la morphologie rurale, où le centre du village plus dense s'effrite rapidement et laisse place à des constructions aux volumétries diversifiées. Cependant il s'en détache à la fois du fait que les bâtiments ne sont pas alignés de manière contiguë le long des rues principales qui se rejoignent sur la place du village. Cet équilibre instable s'appuie sur une division parcellaire qui privilégie les terrains de petite surface, permettant ainsi le respect des proportions entre plein et vide et l'intégrité du paysage construit au delà de la dichotomie entre un centre plus dense et sa marge plus étirée.
Les constructions existantes privilégient l'orientation nord-ouest/sud-est, d'une part pour la naturelle orographie du sol, et d'autre part pour la magnifique ouverture vers le massif du Mont-Blanc où une vaste prairie tapisse le vide du paysage agraire.

implantation

Le long de cette fragile ligne de séparation entre nature et artifice, le projet comble un vide qui actuellement est occupé par des terrains de sport et permet ainsi de rétablir la continuité urbaine et de recoudre le tissage des propriétés agricoles qui dessinent le paysage naturel de la plaine.
Trois bâtiments similaires par leur forme et leur volumétrie ponctuent la parcelle qui longe la route de Meinier en prolongement du grand volume de la salle polyvalente communale. La répétition de trois unités distinctes garantie l'unité et l'homogénéité du tissu villageois malgré la diversité des formes construites. Cette même diversité est intégrée par le projet; de légers écarts entre les bâtiments évitent la simple succession sur un alignement, favorisant ainsi l'interaction entre paysage et architecture.
Le projet effectue une mise à l'échelle et se veut comme terme médiateur entre le caractère d'exception, en terme de dimension, de la salle polyvalente et l'économie volumétrique des maisons villageoises.

typologie

Trois bâtiments similaires dans lesquels s'articulent trois appartements par étage sur quatre niveaux. Les trois modules d'appartement sont regroupés autour d'un noyau de distribution central; une généreuse cage d'escalier qui profite de la lumière naturelle à chaque étage de manière à garder toujours le contact visuel et lumineux avec le paysage environnant.
Le principe reste le même que la logique d'implantation: la diversité dans la répétition et l'assemblage mécanique de cellules de même nature. Chaque appartement se divise en espaces privés, plus intimes, et en un grand espace public dans lequel la cuisine fait office de charnière, comme pour la cage d'escalier à l'échelle du bâtiment, entre les chambres et le séjours. Une pièce polyvalente en succession avec les chambres à coucher peut soit rester une simple chambre soit devenir un agrandissement du séjour.
La triple orientation des appartements permet d'une part un grand apport de lumière naturelle et d'autre part, en parallèle à la rigoureuse logique d'assemblage des cellules et à la juste répartition des ouvertures en façade, la privaticité à chaque famille.
De grandes baies vitrées dans les espaces de vie, cuisine et séjour, s'ouvrent sur des balcons qui prolongent visuellement les appartements au-delà des propres limites.

expression architecturale

La lecture des habitations paysannes traditionnelles locales qui juxtaposent sur la longueur une partie construite en pierre où vivent les exploitants, à une partie en bardage bois à strates horizontaux où vivent les animaux, influence les principes conceptuels des trois nouveaux bâtiments. Cette mimesis intervient seulement au niveau des logiques constructives, laissant de côté les logiques propres à la vie paysanne.
Une structure en béton explicitée par les bandes horizontales qui cerclent les bâtiments alterne cette fois, non plus sur la longueur comme la ferme traditionnelle, mais sur la hauteur un bardage bois à strates verticaux.

Le bonheur est dans le pré

La prairie est restituée au site. Elle s'étend jusqu'au pied de la salle communale. Son relief modulé accueille trois nouveaux immeubles d'habitation ouverts sur le grand paysage et leurs esplanades.
Les chemins se lovent dans les creux puis bifurquent pour s'élargir sur les placettes publiques ou les seuils d'entrée. Ils évoluent d'une placette à l'autre sans trop s'approcher des rez-de-jardin.
Un rideau végétal, formé de buissons (noisetiers et sureaux...) et d'arbres de moyenne hauteur (érables champêtres, charmes...) accompagne chemins et placettes. Il permet de préserver la privacité des rez-de-jardin.

Durabilité et écologie

Le concept énergétique est basé sur un système hybride qui assure une efficacité, une qualité de vie élevée et une économie d'énergie sur le long terme: La géothermie couplé à du stockage de chaleur.

TRYPTIKON